22/11/2012
Son 1er 45 tours

Plus de 1 335 000 d'exemplaires sont vendus.
Le salaire des larmes, d'une multitude d'heures d'un travail acharné ininterrompu,
écrira Christian Page (Mireille Mathieu - Bréa Editions, p. 50).
Jacqueline Cartier en parle dans "Oui, je crois" (Laffont - pp. 176-177.
"Mon Credo - Le 45 tours" (cliquez ici)
"The Fabulous French Singing Star" (cliquez ici)


1 335 000 exemplaires vendus ! "Oui, je crois". Ce sont les premières paroles de ce premier 45 tours tant attendu, dont la pochette laisse exploser un bonheur juvénile auquel on adhère. La frange de la "petite" est signée "Elrhodes, le nouveau coiffeur chic et branché de la planète du show biz. Au recto : Mireille pose avec Marcelle, Roger et tous les siens, autour de la table de la salle à manger à Avignon. Sous la photo, il nous est sobrement indiqué que Françoise Dorin, Francis Lai et François Rauber, orchestrateur de Jacques Brel, ont apporté leur contribution et un peu de leur univers à ce vinyle qui deviendra collector.
(Source : E. Bonini, "La véritable Mireille Mathieu")
Titres sur le 45 tours : C'est ton nom (F. Lai - F. Dorin) - Ne parlez plus (Jil et Jan) - Mon Credo (S. Pascal - P. Mauriat) - Ils s'embrassaient (G. Magenta - S. Lebrail)
Le paradoxe est bien présent avec ce 1er disque de Mireille puisque "Mon Credo" figure sur la face B du disque. Or, dès le début c'est la chanson qui s'est imposée. Aujourd'hui encore je n'ai pas compris ce qui justifiait cet ordre sur le 45 tours puisque la promotion s'est axée sur "Mon Credo".
"C'est ton nom" était énormément appréciée par le public, la radio la passait bien souvent.
Les quatre chansons de ce 45 tours n'ont pas laissé indifférents ceux qui deviendraient rapidement fan de "la petite". "Ne parlez plus" avait des accents de "protest song" qui étaient dans vent à l'époque. Qui ne se souvient du "je proteste contre ceux qui ne protestent pas" d'une dénommée Stella (voir YouTube plus bas) ?

James. - Lors du passage à l'Olympia de MM, le verso de la pochette présentait un plan d'Avignon avec les lieux strategiques de la vie de MM. Il me semble aussi avoir entendu dire que Mireille n'était pas fan de cette chanson au départ et qu'elle lui préférait "C'est ton nom"... comme quoi...
Wolfgang. - Salut Rico, - Peut-être une idée, une explication, qui pourra calmer un peu ton étonnement concernant l'ordre des titres du 1er disque. Ceux qui rêvaient encore d'une nouvelle "Piaf" étaient certainement plus satisfait avec des titres comme "C'est ton nom", "Ils s'embrassaient" et "Ne parlez plus" - mais la promo s'appuyait peut-être plus sur "Mon crédo" parce que Johnny Stark voulait dès le début mettre un accent sur la diversité de Mireille ?? Amicalement - Grüße W."
Ricochet @ James. - Je l'ignorais. Merci pour ce complément d'information intéressant. Je ne pense pas que Mireille n'aimait pas cette chanson, mais qu'elle trouvait que "C'est ton nom" était plus facile à chanter, bien que... (voir "Oui, je crois" de Jacqueline Cartier, pp. 176-177). A ce sujet je me suis toujours étonné du problème que posait "Mon Credo", surtout s'il est vrai que Mireille a reçu des cours de chant intensifs de Mme Laure Collière avant de monter à Paris. @ Wolfgang. - Il est possible que Barclay ait raisonné ainsi, mais c'est dommage car cet "acte de foi" constituait une belle ouverture de carrière, d'autant plus qu'elle donnait le "ton" Mireille Mathieu. Commencer sa carrière en flèche avec la face B de son 45 tours faut l'faire ! Je ne sais pas s'il y a beaucoup d'exemples similaires.
23:45 Écrit par Nos Souvenirs | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mon credo, mon crédo, eddy barclay, 1966, cd, disque |
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12/07/2012
Un roman Harlequin

Extrait de "Que la fête continue"
Eddie Barclay
Editions Robert Laffont (1988)
L'artiste français qui marche le mieux en Chine (et dans le monde) c'est Mireille Mathieu. Notez que Mireille Mathieu a été une artiste Barclay parmi les plus importantes.
Et nous voià ce soir... chanterait Brel, nous voilà en train de parler de Mireille Mathieu, la petite d'Avignon venue tenter sa chance à Télé-Dimanche...
Mal fagotée, voûtée, sans grâce, un accent du Midi à couper au couteau, elle avait tout pour entrer dans la légende, les frères, les soeurs, le papa pauvre, la maman dévouée, Avignon, etc. Et je monte à Paris, j'ai le mal du pays. Mon idole ? c'est Piaf évidemment, j'ai un regard de biche sous la frange (soyeuse) de mes cheveux de brune... E j'ai une très belle voix, vibante, profonde, propre à émouvoir les foules... Elle les a bien émues en effet. Et nous avec, qui pressentions qu'on tenait là notre nouvelle Piaf puisque c'est ainsi qu'on la surnommée. Quand je dis "nous", c'est cette rafale de gens intéressés qui s'est abattue, tel un cyclone, sur la petite d'Avignon. Lucien Morisse (qui n'en ratait pas une) et un sacré malin du show-business, Johnny Stark, ex-imprésario de Johnny, et tours impresério de Mireille. Sans oublier Maurice Siégel, qui lui aussi flairait les bonnes affaires. On aurait dit une mêlée de rugby, un soir de grand match, lorsqu'il y a de l'électricité dans l'air. Et du pognon ! Finalement, nous nous sommes sous mis d'accord : Stark serait son imprésario, Mireille signerait chez Barclay [Eddie Barclay], et Europe 1 [Lucien Morisse] en aurait l'exclusivité.
En fait, Mathieu n'était pas Piaf. Elle s'était présentée, morte de trac, face à Georgette Lemaire (que l'on comparait elle aussi à Piaf) ; il n'y a qu'une seule Piaf, c'est Piaf !). Georgette Lemaire n'était pas une inconnue pour les professionnels, on l'avait entendue un peu partout en studio, et sur scène, vaguement... Mireille avait la fraîcheur, et chantait extraordinairement juste. De plus elle avait un joli visage et elle était docile, elle écoutait gentiment les conseils de Stark ou les miens, elle était travailleuse, avec une volonté de fer. Contrairement aux légendes qui ont la peau dure, elle n'a jamais enregistré la moindre chanson de Piaf pendant les cinq années où elle est restée chez Barclay. Elle a vendu des millions de disques, elle correspondait à un désir du public, un rêve absolu de midinette, être pauvre, devenir célèbre, faire vivre sa famille, ses treize frères et soeurs : un roman Harlequin.
23:18 Écrit par Nos Souvenirs | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eddy barclay, ricorétro, laffont, que la fête continue, 1988, livre |
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