29/11/2016

Paris - C'est lalala

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CD sorti le 23 janvier 2012 - Deutsche Grammophon

C'est du Juliette Gréco, beaux textes avec de la mélancolie comme souvent, de la suavité dans la voix
toujours, et la participation d'autres belles voix comme celle de Marc Lavoine. (Romeuf)

J'ai aimé les duos très équilibrés entre des voix très différentes. En écoutant ce CD je me suis promenée sur
les ponts de Paris avec chacun leurs particularités. Fantastique Juliette à la diction parfaite.
(Chris Respaut)

Convenons qu’à 85 ans, ce n’est pas vraiment l’appât du gain qui meut et émeut Juliette Gréco, sourire d’enfant et impertinence intacte, mais bien le désir de cent fois remettre sur le métier de la création artistique sa capacité à émouvoir, grâce aux mots et musiques des autres. Et pour l’émotion, il suffit ici de passer le pont.

Les ponts de Paris (où coule la Seine) nourrissent donc la thématique d’un album conceptuel, ces drôles d’édifices qui réunissent, ou séparent (ceux qui s’aiment). Ainsi, c’est à une visite poétique et animiste (le pont comme personnage, et acteur des refrains) qu’on nous convie ici, de Pont Royal en Pont Mirabeau, en passant par l’humble et modeste pont anonyme, qui n’est pas moins utile aux transports d’affection. Sous la supervision du mari, compère de création et pianiste Gérard Jouannest, c’est donc une cohorte digne d’une anthologie de la jeune poésie française qui se presse auprès de la grande dame : Amélie Nothomb, Jean-Claude Carrière, Philippe Sollers, ou le toujours excellentissime François Morel, ont offert des mots simples et amoureux à la dame, comme autant de charmants atours.

C’est une semblable aristocratie qui l’accompagne dans ses vocalises : Marc Lavoine, à deux reprises, apporte sa profondeur mâle et trouble ; Guillaume Gallienne occupe avec révérence un hommage (« Le pont Juliette ») que la diva eut la pudeur de lui léguer ; Féfé décoiffe amoureusement « Paris se lève », et Melody Gardot accompagne Juliette dans une visite nostalgique du « Sous les ponts de Paris », sublime mélodie de Vincent Scotto, ici sublimée par la guitare magique du gitan Christian Escoudé, et immortalisée avant-guerre (celle de 14-18) par Georgel et Lucienne Delyle. Offrande rare : la Gréco auteure nous gratifie d’un « Le Miroir noir » mêlant élans du cœur et insurrectionnels. S’l y a beaucoup de diction ici, Juliette Gréco se résout, et c’est heureux, à revivifier, chant intact, sa première arme de séduction, celle d’une chanteuse-conteuse qui nous entraîne sur toutes les sentes de l’imaginaire.

Qualifié par la chanteuse en personne d’objet très bizarre, cet album nous prescrit de bonnes nouvelles de cette étoile, et répand le parfum presque oublié d’une chanson populaire qui la disputait à la poésie dans le cœur du public. Amoureusement et astucieusement, en pont jeté entre les deux disciplines, en quelque sorte. 

Source : Amazon.fr - Copyright 2016 Music Story

23:57 Écrit par JCF | Commentaires (0) | Tags : juliette gréco, marc lavoine, cd, paris, c'est lalala |  Facebook |

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