08/07/2016

On est bien

on est bien.JPGArticle extrait du blog "Chronique d'un disque oublié"
(octobre 2015)

Même chez les plus grands artistes, on peut connaître quelques ratés. Alors que les années 1960, 1970 et le tout début des années 1980 ont été des années d’or pour Mireille Mathieu, à partir de 1982 et sa rupture de contrat avec Philips pour Ariola, la chanteuse d’Avignon cherche désespérément à se renouveler, et cela avant même cette date. Les derniers grands succès de Mireille Mathieu furent des… reprises, à l’exception du duo avec Patrick Duffy dans Together We’re Strong en 1983 :

* Une Femme Amoureuse de Woman in Love (Barbra Streisand) – 1980

* Bravo Tu as Gagné de The Winner Takes It All (Abba, avec la participation du groupe suédois lors de l’enregistrement de la version française pour les chœurs) – 1981

Pour relancer sa carrière (qui est déjà très riche en succès), on retente… la reprise, ou du moins… une adaptation ! Et cette fois, elle s’attaque à un succès du groupe britannique Yazoo (Alison Moyet et Vince Clarke), Only You, sorti en 1982, couplé à l’adaptation vocale du groupe britannique The Flying Pickets, sorti l’année suivante, en 1983. Pour cette ré-adaptation en langue française, elle fait appel au parolier Eddy Marnay (réputé pour ses chansons aux paroles de qualité, pour Céline Dion – dernièrement à l’époque – et pour de nombreux artistes français).

Au niveau du résultat, c’est un peu le méli-mélo. Si le texte passe plutôt bien, on se demande s’il n’est pas une simple traduction des paroles anglaises, c’est la qualité d’Eddy Marnay. Par contre, musicalement, c’est un mélange qui fait qu’on ne retrouve pas le côté original de la chanson. En fait, la version originale de Yazoo et la version vocale des Flying Pickets ont été mélangées pour obtenir la version française de Mireille Mathieu, et c’est un peu décevant.
Pourquoi ? Tout simplement parce que lorsque les couplets sont entonnés, l’équipe de choristes reproduit la version des Flying Pickets (par voix séparée), jusqu’à la fin des refrains, où chanteuse soliste et choristes chantent de façon superposée, ce qui fait que le travail vocal qui semblait plutôt bien se voit rompu d’un coup sec, ce qui gâche le plaisir de l’écoute. On se serait attendus à entendre quelque chose de posé, qui coule tel de l’eau dans un ruisseau, et c’est comme si en plein milieu on avait un barrage où tout était retenu pour un temps très court.

Pire encore, si le début semblait plutôt se tourner vers une réadaptation de la version des Flying Pickets, la fin va plus se tourner vers la version originale de Yazoo (avec l’ajout d’une basse et d’une batterie – ou boîte à rythmes), ce qui gâche encore plus le plaisir d’écoute que l’on peut avoir au début. Un vrai méli-mélo dans lequel l’auditeur peut se perdre, ne sachant plus sur quelle adaptation le titre semble s’être inspiré, tel un chevalier qui se perd dans une forêt.

Ce 45 tours, dont le titre principal ne figure sur aucun album, a été très peu mis en valeur (peut-être par rapport à une sortie assez tardive). Aujourd’hui, cette chanson n’est connue que par un public initié ou en quête de découverte à propos de la discographie de l’artiste. Un « raté » qui n’affecte pas la qualité des interprétations de la Dame d’Avignon !...

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