10/09/2015

Jean Claudric - La musique dans la peau

56e975d758f8b4c8ab132fc425ac34a2_XL.jpgCompositeur, musicien, chef d'orchestre... À 85 ans, le neuilléen Jean Claudric ne connaît pas le mot "retraite". Ce grand homme de la musique vit pour sa passion qui l'a fait voyager dans le monde entier aux côtés des plus célèbres comme Mireille Mathieu, Charles Aznavour ou Enrico Macias. Rencontre.

NJI : Quand est née votre passion pour la musique ?
J.C. : Issu d'une famille modeste de cinq enfants à Alger, je n'ai pris des cours de piano qu'à l'âge de quatorze ans. C'est mon oncle qui me les a offerts pendant six ans. Je suis entré au Conservatoire supérieur de Musique d'Alger pour étudier le solfège supérieur de l'harmonie et du contrepoint. J'ai obtenu le premier prix à 21 ans. Peu avant, j'ai réalisé mon service militaire dans la musique de l'air. Le capitaine m'a ordonné de jouer du cor d'harmonie dans l'orchestre et cela m'a passionné. J'ai donc pris des cours. Je suis ensuite entré en 1952 à Radio Alger pour accompagner les vedettes qui venaient de Paris. Trois ans plus tard, j'ai décidé de tenter ma chance à Paris. Je ne connaissais personne, alors une artiste, Marie Bizet, m'a hébergé.

NJI : Quel a été le déclic dans votre vie professionnelle ?
J.C. : En 1959, j'ai rencontré le chanteur Jean Siegfried qui m'a proposé d'écrire les arrangements pour son disque. Guy Lafarge, directeur de maison de disque, remarque alors mon travail et me demande d'écrire les arrangements pour Maurice Chevalier. Ce fut une grande surprise et une grande chance dans ma vie.

NJI : En quoi consiste l'écriture des arrangements ?
J.C. : J'écoute l'interprète, je l'enregistre sur un magnétophone portable et j'imagine ce que pourrait faire l'orchestre pour l'accompagner. J'entends d'abord les arrangements dans ma tête puis je les transcris sur du papier à musique. Une fois les partitions écrites, je les enregistre. Je me souviens de mon premier enregistrement, c'était avec Maurice Chevalier. Il est arrivé, a écouté les quatre morceaux et nous avons directement enregistré. Ce fut un grand moment. A la sortie du disque, j'ai eu de nombreux appels, et depuis, mon téléphone n'a cessé de sonner.

Bruno5bxl.jpgNJI : Quels moments vous ont le plus marqué ?
J.C. : Tous les moments de ma carrière ont été importants, enrichissants et motivants. Je me souviens particulièrement du 14 juillet 1976 à Strasbourg où j'ai dirigé un orchestre symphonique composé de 110 musiciens pour accompagner Michel Sardou chantant "La Marseillaise". En 1981, j'ai dirigé l'orchestre Colonne au Châtelet jouant en première partie des chansons de Charles Aznavour que j'avais transformées en œuvres symphoniques. En 1975, j'ai dirigé un orchestre de 50 musiciens américains pour accompagner Enrico Macias au Carnegie Hall à New-York. En 1980 à Moscou, j'ai dirigé un orchestre symphonique de 90 musiciens russes, le Big Band de Jazz de Radio-Télé de Moscou et les chœurs de l'Armée Rouge pour accompagner Mireille Mathieu.

NJI : Avec quels artistes avez-vous collaboré ?
J.C. : J'ai parcouru le monde entier avec de nombreux artistes. J'ai connu Mireille Mathieu en 1980 et je l'ai accompagnée en tournée en Russie, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Japon, au Brésil et en Chine. J'ai écrit les arrangement de "Je m'voyais déjà" de Charles Aznavour et composé de nombreux titres pour Enrico Macias comme "Les filles de mon pays" ou "Les gens du nord". En 1976, j'ai écrit les arrangements symphoniques des chansons de Michel Sardou enregistrées avec le London Symphony Orchestra, qui m'a valu un disque d'or. Et tant d'autres : Sheila, Michel Delpech, Marcel Amont, Michel Polnareff, Johnny Hallyday, Annie Cordy...

NJI : Vous avez également travaillé pour la télévision, gardez-vous de bons souvenirs ?
J.C. : Oui d'excellents ! Dès 1970, j'ai été demandé par Maritie et Gilbert Carpentier pour diriger l'orchestre de leurs émissions. J'ai ensuite travaillé pendant deux ans pour Guy Lux au "Palmarès des chansons" puis pendant cinq ans pour l'émission de Michel Drucker "Champs-Elysées".

dyn003_original_640_362_pjpeg_2677228_818c09819f5f7d8652510f487e8bc8dc_3.jpgNJI : Vous habitez à Neuilly depuis 25 ans, qu'est-ce qui vous plaît dans cette ville ?
J.C. : C'est une ville que j'ai toujours aimée. Je rêvais depuis longtemps d'y habiter. Je voulais de la verdure et des fleurs près de Paris. Naturellement j'ai été attiré par Neuilly, ce lieu calme et résidentiel. C'est la ville dans la campagne ! J'ai mes petites habitudes : tous les dimanches nous déambulons avec ma femme dans les allées du marché des Sablons. C'est très joyeux, tout le monde se connaît ! Nous allons dîner au Bistrot du Parc, au Winston, au Petit Poucet et au Mandarin de Neuilly. J'aime me balader dans les rues et voir un film au cinéma Le Village. Je trouve Neuilly calme et vivante à la fois, un grand village ! Je me demande comment j'ai pu rester aussi longtemps ailleurs.

NJI : Quel est votre plus grand souhait ?
J.C. : Donner un concert de jazz dans ma ville, au Théâtre des Sablons ! J'avais donné une représentation en 2005 au Théâtre de Neuilly et à Puteaux en 2006. Mais jouer à Neuilly dans ce nouveau lieu est une envie qui m'est chère.

NJI : Quels sont vos projets ?
J.C. : J'ai créé il y a onze ans un Big Band de jazz et je me produis régulièrement au Petit Journal Montparnasse à Paris. Je continue à écrire des arrangements, je viens d'ailleurs d'en terminer quinze pour les prochains concerts de Charles Aznavour. J'ai un grand projet de comédie musicale, je suis donc à la recherche d'un producteur. J'ai également envoyé récemment un projet à Michel Drucker. J'ai toujours la même envie, la même passion qu'il y a 60 ans. Je ne connais pas le mot "retraite".

Source : Actu de Neuilly - 10 septembre 2015 (cliquez ici)

Jean Claudric & Co 1.jpg

Photos personnelles "Aujourd'hui je reviens" (aimable autorisation de Philippe pour RicoSouvenirs) 

20:33 Écrit par JCF | Commentaires (0) | Tags : jean claudric, 2014, olympia |  Facebook |

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