12/08/2014

Laurette Goubelle - Nouveau CD

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Après nous avoir introduits dans l'univers de Piaf avec son premier album "Quand la môme inspire", Laurette Goubelle nous invite à présent dans l'univers qui est le sien, celui de la bonne chanson réaliste. On y danse, on y rêve et s'y aime aussi tout en effeuillant la marguerite qui pourrait bien passer de la "folie" au "pas du tout".

Trois valeurs essentielles caractérisent cet album : originalité, authenticité et tradition. L'auteur compositeur, Jamy Kalbez, connaît ses classiques en matière de chanson réaliste  et ne manque pas de leur faire un clin d'oeil en passant. 

"Dans l'univers de Laurette Goubelle" confirme le talent de de la "nouvelle môme" qui a remporté deux prix cette année (l'un en France, l'autre à l'étranger) et à qui les médias (presse, radio, télévision) réservent de plus en plus souvent une place de choix.

L'album (CD) contient 14 chansons. Les 12 premières ont été composées par Jamy Kalbez. L'univers de Laurette Goubelle nous transporte au temps du bal musette, un temps qui faisait la part belle à la java, à la valse et au tango. On se réjouit d'avoir pu y croiser de talentueux musiciens : Grégory François : guitare électrique, sitar ; Jamy Kalbez : claviers ; Jehan Saison : violoncelle ; Frank Szynczweski : accordéon ; Bruno Dupont : batteries, basse, percussions, contrebasse, piano, claviers, guitares.

Photos : "Le reflet de Mina"

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Les chansons

TU PARLES TOUJOURS. - Paroles, paroles... Qui dira le prix de cet amour pour l'homme qui passe son temps à se regarder et parle toujours ? La roue pourrait se mettre tourner au rythme de la valse et envoyer promener celui qui "promène depuis le premier jour". L'amour que j'ai pour toi / Je ne te le cache pas / Tu peux en profiter... Ah ! se taire, ne fût-ce que pour s'entendre dire ça !

J'AI LE MAL DE TOI commence par une très belle introduction "lamento" des cordes porteuses de mélancolie. S'il est vrai que dans la vie il ne faut jamais regretter et que quand on aime on a toujours envie de chanter, il est risqué de confondre rêve et réalité. Prudence donc lorsque l'aimé vous fait découvrir l'amour et ses secrets et a déjà beaucoup aimé. Petite leçon à retenir : On ne doit jamais quitter la peine sans livrer ses pensées et ne jamais désespérer de se libérer de quelqu'un et de son passé.

L'AMOUR EST UNE FETE. - Il faut aimer ! tel est le mot d'ordre. La musique virevoltante au son de l'accordéon participe à la joie de celle qui se dit prête à se donner à un bel homme, un vrai de vrai. Nous évoluons dans la légèreté des guinguettes où les belles, pour un soir ou pour toujours, jettent à l'eau la page tournée de leur passé... où s'en donnent l'illusion.

LAISSEZ-MOI OUBLIER. - Le tango-passion, façon Piazzolla, rappelle un temps où les femmes étaient soumises comme elles ne le seraient plus puisque désormais rien ne les arrête... Les derniers accords d'accordéon mettent joliment le point final à ce constat qu'on n'oserait contrarier : "Il faut vivre selon nos envies / On ne marche plus à la baguette / Terminé celle qui dit toujours oui.

JULIE LA ROUSSE. - Allez savoir pourquoi j'imagine Georges Brassens chanter cette chanson avec sa légendaire guitare. Julie la Rousse ne pense qu'à rêver, à chanter des l'amour et à distribuer du bonheur. Batterie-accordéon-piano nous font écouter "Julie la Rousse" avec tendresse et plaisir. Si la musique c'est aussi de l'amour, nous en avons ici la preuve.

REVIENS-MOI. - Dès les premiers accord, c'est l'Orient qui s'éveille sur un thème d'amour. Il n'est pas facile d'oublier celui que l'on aime lorsqu'il est le plus doux et le plus gentil... Quelques nouveaux amants pourraient y mettre bon ordre, mais feraient-ils seulement rêver ? Implorons le retour de celui dont la belle dévoile son coeur sur un air de danse orientale.

LA VALSE. - "C'est la valse à un temps, c'est la valse à deux temps, c'est la valse à trois temps". Si l'image de Brassens s'est profilée dans "Julie la Rousse", les trois temps de la valse appellent ici celle du grand Jacques. L'accordéon fait joliment tourner la valse qui nous emporte et fait du bien. "Où sont tous mes amants ?" se demandait Fréhel. A force de rêver, peut-être qu'un beau matin celui-ci reviendra...

PAPA. - Après "Maman" (CD "Quand la Môme inspire"), c'est au tour de "Papa". Paroles affectueuses d'une fille à son père parfois difficile, mais qui avait beaucoup de douceur dans les yeux et dans le coeur.

ALLEZ FAIS-MOI REVER. - Retour à la chanson réaliste grâce à Loulou qui, en échange du bel amour qui lui est promis, se voit prié de faire rêver, danser et vibrer. Goûter aux plaisir de la vie, voilà ce qu'il faut. Loulou n'est pas "Milord", mais gageons qu'il gardera sa belle tant qu'il aura le pouvoir de la faire rêver.

JE N'AI PAS EU LE TEMPS. - Il est parti trop loin d'ici / Je ne peux pas oublier son sourire / Il me manque / Il faudrait le lui dire / Je n'ai pas eu le temps. Edith Piaf a prêté son accordéoniste à Laurette Goubelle le temps de cette valse entraînante qui par sa légèreté en fait oublier le côté tragique. Qui dira mieux que Laurette Goubelle l'empreinte que laisse sur le coeur la force d'un sourire et la souffrance d'attendre et espérer le retour de celui qu'on croit perdu à jamais ?

LA MARIEE. - "La mariée" est sur ce CD comme un premier baissé de rideau qui annonce un final Edith Piaf prometteur, car déjà ça vous rentre dans la peau par le bas et par le haut. Les amants ont-ils contourné la petite église pour entrer plus vite dans la fête ? Si c'est Cupidon qui semble ici les avoir réuni, "L'hymne à l'amour" y mettra bon ordre trois chansons plus loin.

ALLEZ ON S'EN VA. - Faire le tour de la terre pour oublier l'enfer parce qu'on n'a pas le même âge et qu'on veut s'aimer n'est pas une mince affaire. A Hambourg, Edimbourg ou Berlin, il y aura toujours quelque empêcheur de danser en rond. Au son du tambour et de la cornemuse, allez on s'en va dans le seul refuge possible, celui de l'amour envers et contre tout.

Les deux dernières chansons, "MON MANEGE A TOI" et "L'HYMNE A L'AMOUR", sont trop connues pour être encore commentées. L'interprétation de Laurette Goubelle, fidèle à l'esprit d'Edith Piaf, ne manquera pas de vous émouvoir par sa force de conviction.

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12:44 Écrit par JCF | Commentaires (1) | Tags : laurette goubelle, cd, univers, dans l'univers, 22014 |  Facebook |

Commentaires

Un grand Bravo!
Aucun journaliste n'aurai décrit aussi bien l'esprit de cet album!!!
Tout est dit, mon univers est tout a fait celui ici décrit.
La chanson et l'ambiance d'avant et d'après guerre, ou la musique et la chanson sont des synonymes de fête et de danse,bien sûr avec aussi une dose de tendresse!
Loin des hits parades...mais près de mon public et de nombreuses personnes qui se retrouvent plus dans la musique trop actuelle...

Écrit par : Laurette Goubelle | 12/08/2014

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