25/07/2010

Adieu Rosendael, bonjour Avignon

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RicoSaga.jpgDélaissée dès après sa naissance par sa génitrice, Marcelle avait été éleveé à Dunkerque chez sa grand-mère qui décèderait en 1940, à l'âge de 92 ans. Sans réserve et à nouveau orpheline, Marcelle sera recueillie par la patronne d'un établissement où avait oeuvré jadis sa maman en tant que serveuse de café.

Marcelle(-Sophie), la future maman de Mireille, s'appelait donc encore Poirier lorsqu'elle s'est retrouvée en 1944 dans le Vaucluse, lors de l'exode des années 40. Née à Rosendael dans le Nord de la France, à 3 kilomètres de Dunkerque, Marcelle n' y retournera pas lorsque la guerre aura pris fin.

La France entière fête sa libération. Marcelle-Sophie qui a repris le goût à la vie , va danser comme tout le monde et rencontrera le grand amour, en la personne de Roger Mathieu. Ils ne se quitteront plus. Très vite, Marcelle-Sophie, qui est alors responsable du service de ravitaillement à la mairie d'Avignon, devient Madame Roger Mathieu. Presque aussi vite, le 22 juillet suivant - nous sommes en 1946 -, vient le premier bébé.

« Nous l'appellerons Mireille ! C'est un nom de Provence » décrète Roger, qui voit toute la Provence défiler devant lui. Le prénom "Mireille" , c'est la Provence à travers la musique et la littérature. Viendront ensuite Monique, Christiane, Marie-France, Réjane, les jumeaux Régis et Guy qui précèdent Roger, Jean-Pierre, Rémy ; puis Sophie, Philippe, Béatrice et enfin Vincent.

Mireille dira en 1983 de son papa, Roger Mathieu : « Mon père a toujours eu une belle voix de ténor léger, mais à cette époque là... » chanter n'était pas un considéré comme un métier par le grand-père Mathieu. « Dans la famille on est tailleur de pierre de père en fils... Tu seras tailleur de pierre comme moi, comme mon père... La chansonnette, pas question ! » et Roger devint tailleur de pierre en maniant le ciseau et le marteau, en façonnant l'onyx, le marbre, le granit ou le basalte. A travers tous les angelots naissants sous ses doigts, Roger Mathieu chantait. Les Mathieu vivront dans le quartier des Morillons, un faubourg hors des remparts d'Avignon. Un faubourg insalubre. Mais dans ce triste décor vit une famille proprette, unie et gaie.

La guerre 39/45 est terminée, Avignon, comme les autres villes de France panse ses plaies. Le quartier des Morillons va être rasé pour faire place à des H.L.M. en béton... Les Mathieu sont relogés dans un autre faubourg avignonnais, « La Croisière ». La famille s'installe dans un baraquement préfabriqué en fibrociment de la Cité des Malpeignés, qui sera vite baptisé « Le Chicago d'Avignon ». Ce n'est pas encore le luxe, même si le sol est moins boueux qu'aux Morillons. C'est pourtant dans ce quartier que Mireille grandit et entretient ses rêves d'enfant.

Quelques années plus tard la famille déménage à nouveau . Cette fois pour un cinq-pièces ! Un toit, une véritable Maison, toujours dans un faubourg d'Avignon, mais au nom enchanteur, prometteur : La « Croix des Oiseaux ». Mireille change un nouvelle fois d'établissement scolaire. Elle a horreur de l'école. Elle préfère de beaucoup s'occuper de la maison, aider sa maman et s'occuper avec elle des petits frères et sœurs. « J'ai réussi mon certificat d'études » annonce fièrement Mireille en entrant chez elle ce jour-là. Sa première vraie victoire !

Les temps sont durs et les rentrées d'argent trop justes pour subvenir aux besoins de cette famille de quinze personnes. Alors Mireille, le cœur en fête, accompagnée de sa sœur cadette Monique, prend le chemin de la fabrique d'enveloppes du village voisin de Montfavet. Huit kilomètres aller-retour qu'elles font à pied dans un premier temps, puis à bicyclette, ensuite en vélo-moteur.

Mais la fabrique qui employait Mireille avec sa sœur Monique fait faillite. Mireille se retrouve au chômage. C'est alors qu'elle a accepté un poste de monitrice dans une colonie de vacances « Les Cigales ». Une poste qui lui convient à merveille. Ces garçons et ses filles de onze, douze ou treize ans deviennent vite ses autres frère et sœurs.

« La chanson, c'est tout pour moi ! » dira plus tard Mireille. C'est pourquoi elle chantera déjà avec bonheur, une nuit de Noël, dans la petite église de la Croisière, un cantique provençal que son père lui avait appris. Mireille avait à peine 4 ans. «Ce jour-là, j'ai reçu mon premier cachet de vedette : des sucettes ! ».

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Sources : «Mireille Mathieu », Christian Page ; vérifications et précisions : dans "Oui, je crois" (Jacqueline Cartier) et "La véritable Mireille Mathieu (Emmanuel Bonini).
Adaptation : Ricochet « MM-Avignon »
, pour Radio CoCoon. 

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Andrès. - D'où peut venir Mireille si ce n'est du "Paradis". Comme au "Paradis" on s'ennuie à mourir (eh oui! Toujours une fleur à la main et quand on se rencontre on se dit bonjour "Amour", y en a plus que marre à la longue). L'avantage quand on est au "Paradis" c'est que l'on peut choisir son avenir sur la terre. Donc Mireille décide de partir sur la terre où tout n'est pas rose mais au moins on ne s'ennuie pas; alors elle décide de naitre dans une famille où elle sait qu'au début ce sera difficile mais par la suite beaucoup plus agréable et de plus fera sortir de la misère un couple plus que méritant. Vous vous rendez compte vivre dans le quartier 'Les Morillons" que je baptiserais plutôt "Les Moribonds" pour ces braves gens, c'est un calvaire! Il faut savoir que pour quitter le "Paradis il faut le bon vouloir de qui vous savez (excusez-moi n'étant pas croyant j'ai du mal à prononcer son identité, lol). Sachant que Mireille allait faire une bonne action "Il" l'autorisa. J'en profite pour souhaiter bonne fête à Mireille.

Ricochet @ Andrès. -  Allons donc ! A défaut de croire à "qui l'on sait", tu aimes les contes célestes. Intéressant comme réflexion : Mireille vient au monde dans l'univers de Zola heureuse de savoir y trouver un jour son paradis. Le Christ lui est venu au monde conscient d'entrer en enfer mais rassuré de rejoindre 33 ans plus tard son paradis. Reste à savoir qui l'a vraiment gagné. Et en avant pour un blasphème de plus !

Commentaires

D'où peut venir Mireille si ce n'ait du "Paradis". Comme au "Paradis" on s'ennuit à mourir (eh oui! Toujours une fleur à la main et quand on se rencontre on se dit bonjour "Amour", y en a plus que marre à la longue). L'avantage quand on est au "Paradis" c'est que l'on peut choisir son avenir sur la terre. Donc Mireille décide de partir sur la terre où tout n'est pas rose mais au moins on ne s'ennuie pas; alors elle décide de naitre dans une famille où elle sait qu'au début ce sera difficile mais par la suite beaucoup plus agréable et de plus fera sortir de la misère un couple plus que méritant. Vous vous rendez compte vivre dans le quartier 'Les Morillons" que je baptiserais plutôt "Les Moribonds" pour ces braves gens, c'est un calvaire! Il faut savoir que pour quitter le "Paradis il faut le bon vouloir de qui vous savez (excusez-moi n'étant pas croyant j'ai du mal à prononcer son identité, lol). Sachant que Mireille allait faire une bonne action "Il" l'autorisa. J'en profite pour souhaiter bonne fête à Mireille.

Écrit par : Andrès | 15/08/2012

Quelle belle histoire !!

Écrit par : gauvain josette | 13/12/2014

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